B i o g r a p h ie

Le nom de Jules Bastin a figuré pendant plus de trente ans sur toutes les grandes scènes lyriques.

 

Ses débuts avaient été riches en promesses: il obtint ses Premiers Prix de chant et d’Opéra au Conservatoire Royal de Bruxelles en 1958 et 1959; il entra au Théâtre de la Monnaie en 1960 et fut Premier Prix au Concours de ’s Hertogenbosch en 1962 ainsi qu’au Concours de Munich en 1963.

 

A partir de ce moment, Jules Bastin débuta une carrière internationale. On le vit notamment dans  le rôle du Grande Inquisitor de Don Carlo (Verdi)  à l’Opéra de Paris en 1975. Il fut le Baron Ochs du Rosenkavalier (R. Strauss) à Covent Garden : ce personnage devint un des ses rôles favoris. Il chanta Benvenuto Cellini (Berlioz) à la Scala de Milan en 1976, au Théâtre Colon de Buenos Aires et à l’Opéra de Lyon en 1982, au Mai Florentin en 1987 et à l’Opéra de Rome en 1995. Ses engagements le conduisirent de l’Opéra de Vienne au Metropolitan de New York en passant par l’Opéra Bastille, La Fenice de Venise et les opéras de San Francisco, Sao Paulo, Toronto, Sydney, Turin, Genève, Amsterdam, Bruxelles, Liège, Anvers, Strasbourg, Toulouse, Bordeaux…

 

L’art de Jules Bastin s’est étendu à l’oratorio, à la mélodie et au lied.

 

Il fut également présent dans de grands festivals : Festival d’Edimbourg en 1978, 1982 et 1985, Festival de Glyndebourne en 1991, Festival d’Aix-en-Provence en 1979, 1983, 1985, 1989. Herbert von Karajan l’engagea en 1976, 77, 78 et 79 au Festival de Salzbourg où il revint en 1993.

 

On pourrait poursuivre cette énumération en citant ses concerts à travers toute l’Europe, Israël et les Etats-unis, où il effectua entre autres une tournée Berlioz avec l’orchestre de Paris sous la direction de Daniel Barenboim.

 

Jules Bastin chanta sous la direction de chefs tels que Pierre Boulez, Georges Prêtre, Daniel Barenboim, Colin Davis, Georg Solti, James Levine, Herbert von Karajan, Karl Bohm, Julius Rudel, Michel Plasson, Alain Lombard, Kent Nagano… et aux côtés d’artistes comme Federica von Stade, Kiri te Kanawa, Mirella Freni, Nicolai Gedda, Maryline Horne, Elisabeth Schwarzkopf, Montserrat Caballé, Jessye Norman, Placido Domingo, Nicolaï Ghiaurov, José Carreras et tant d’autres.

 

En 1972, Jules Bastin participait à l’enregistrement intégral de Benvenuto Cellini sous la direction de Colin Davis. L'année suivante, sous la même direction, l’incarnation de Méphisto dans la Damnation de Faust lui valut un succès personnel décisif. ces deux gravures remportèrent le Grand Prix du disque.

 

Relevons encore parmi sa nombreuse discographie : Der Rosenkavalier, Salomé, Cosi fan lutte, Le Nozze di Figaro, Le Prophète, Les Huguenots, l’Enfance du Christ, Béatrice et Benedict, Roméo et Juliette, Cendrillon, Le Jongleur de Notre Dame, L’Amour des trois oranges, La Périchole et La Belle Hélène.

 

Jules Bastin fut également un professeur de renommée internationale. Depuis 1970, il fut titulaire d’une classe de chant au Conservatoire Royal de Bruxelles.

 

On ne peut mieux résumer son art du chant qu’en citant la critique d’Harold Schönberg du New York Times à propos de la Damnation du Faust du 20 mai 1979 à Carnegie Hall :  « M. Bastin, basse de l’Opéra de Paris, n’a pas seulement une voix sonore, belle et impérieuse, c’est aussi un chanteur intelligent avec une diction sans faille et un sens infaillible du phrasé musical. c’est un chanteur qui sait jouer avec sa voix. Pour M. Bastin, cette soirée New-Yorkaise fut un triomphe. »